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Le but n'est pas toujours placé pour être atteint, mais pour servir de point de mire. Joseph Joubert

ECO-HABITAT

Construction et rénovation écologique

conception bioclimatique avec des matériaux écologiques du gros oeuvre à la finition

mardi 12 mai 2009
par Bialis Team , Claire SASSUS

Après des décennies de construction massive d’après-guerre menée selon le postulat trompeur que tout ce qui est moderne est forcément mieux, construire écologique devient une préoccupation majeure, prioritaire pour la préservation de l’homme dans son milieu de vie.

Aujourd’hui encore, on nomme « construction traditionnelle », les bâtiments faits de béton et de tout un assortiment de matériaux industriels ainsi que de produits chimiques, qui pourtant ne sont apparus et n’ont été généralisés qu’à partir du XXe siècle, alors qu’auparavant les bâtiments étaient traditionnellement construits à partir de matériaux naturels comme la pierre, le bois, la terre, le sable, la chaux. Ces constructions anciennes s’avéraient parfaitement adaptées à leur environnement, souvent très performantes thermiquement et suffisamment robustes pour traverser les époques.

La très forte croissance de la construction des dernières décennies a fait naître des nuisances importantes pour l’homme et son environnement qui le poussent aujourd’hui à penser et à agir autrement. 

L’habitat et les activités de service rassemblent aujourd’hui le gros des consommations d’énergie en France : 43 % de la consommation totale d’énergie contre 31% pour les transports et 23% pour l’industrie (Source : DGEMP/OE/RL/CGM 2007). Le bâtiment est ainsi un des premiers responsables de l’épuisement de nos ressources fossiles non renouvelables.

L’habitat est également la cause du quart des émissions de gaz à effet de serre (GES) qui conduisent ainsi au réchauffement climatique (Source : ADEME/ fev 2009). Agir sur le bâtiment et bien choisir son habitat, c’est agir sur un des plus gros facteurs de pollution de la planète.

La découverte des effets néfastes sur la santé de nombreux produits industriels, tels que l’amiante, les produits de traitement du bois, les solvants de peintures, remet en question la pertinence des produits actuels : elle impose aujourd’hui une vigilance grandissante et la nécessité de vivre dans un habitat sain.

A l’échelle de la planète, l’impact de l’habitat sur l’équilibre climatique, la préservation des ressources et la santé est une préoccupation majeure.

L’individu redécouvre à ce prix une bonne raison de choisir un habitat écologique : celui de vivre dans un habitat dont les performances sont durables, indépendantes de l’augmentation du prix de l’énergie, un lieu de vie qui, avec le temps, ne coûtera pas de plus en plus cher à entretenir, à chauffer ou à rafraîchir. Ainsi un habitat écologique est relativement indépendant des aléas des marchés macro-économiques.

Construire ou rénover écologiquement est prioritaire pour la préservation de l’homme dans son milieu de vie.

 

Conception bioclimatique

Construire écologique c’est bâtir un lieu de vie qui protège ses habitants des intempéries en réduisant au strict minimum les impacts négatifs pour l’homme et pour l’environnement. C’est dans cette démarche qu’apparait la notion de conception bioclimatique qui signifie « qui vit avec son climat », que l’on peut traduire par extension par « qui vit en harmonie avec son milieu ».

La conception bioclimatique c’est :

  • Intégrer les éléments environnant pour utiliser les bienfaits de la nature et se protéger de ses agressions : pentes, végétation, nature du terrain, exposition, vents dominants, écoulements, précipitations, températures saisonnières, ressource en eau, éclairage naturel, etc…

  • Organiser les zones habitables de façon à réduire au maximum les besoins et les pertes en énergie de chauffage et de rafraîchissement. On privilégie les architectures compactes afin de limiter les surfaces en contact avec l’extérieur et diminuer ainsi les échanges thermiques. L’éclairage naturel est également recherché et privilégié pour réduire les consommations électriques. La meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas.

  • Favoriser le captage des énergies renouvelables disponibles : Par exemple en hiver, on favorise les apports solaires : pièces de vie avec les zones vitrées au Sud, chambres et bureaux en deuxième rang, puis les pièces peu ou pas chauffées, type débarras, buanderie, garage, à placer au Nord avec peu de vitrage.

  • Favoriser le rafraîchissement naturel  : Par exemple en été, pour empêcher les surchauffes et se passer de climatisation dans les régions chaudes. Sont alors prévus : des ombrages naturels ou construits, une ventilation naturelle nocturne, des vitrages réfléchissant en façade Est et Ouest, un apport d’air frais par puits canadiens (système basé sur des tuyaux enterrés captant l’air extérieur et le réchauffant, ou le rafraîchissant, par contact avec la terre dont la température reste tempérée toute l’année, avant de l’insuffler dans l’habitation). 

  • Isoler, ventiler et gérer la circulation de l’air et de la vapeur d’eau : Choisir des caractéristiques de matériaux de façon à ce que le bâti soit à la fois étanche aux précipitations et à l’air pour protéger les enveloppes et limiter les pertes thermiques, tout en restant parfaitement perspirant. On dit couramment « respirant » : qui laisse évacuer vers l’extérieur la vapeur d’eau produite pas les habitants, l’eau chaude et la cuisson. Cela afin d’éviter que de la condensation se forme et développe des moisissures qui dégradent le bâti et favorisent le développement microbien. Cette caractéristique est couramment indiquée par le coefficient de résistance à la diffusion de la vapeur d’eau μ qui doit être croissant de l’intérieur vers l’extérieur pour un bon transfert de la vapeur d’eau.

  • Isoler et gérer les amplitudes thermiques : Varier les matériaux pour conférer au bâti une capacité à emmagasiner et à restituer la chaleur (ou la fraîcheur en été) et une capacité à atténuer les amplitudes thermiques, tout ceci favorisant le confort thermique en toute saison, la longévité des bâtiments et les économies d’énergie. 

  • Intégrer le mode de vie des occupants : Exemples : comptabiliser les apports solaires hivernaux des vitrages en tenant compte de leur occultation éventuelle pendant l’absence des occupants, respecter la disponibilité des occupants à l’entretien et à la maintenance des équipements de chauffage, adapter la ventilation naturelle ou forcée. 

  • Inciter à des pratiques d’occupation des lieux qui permettent d’optimiser les performances de l’habitat : régulation du chauffage et de la ventilation en fonction de la présence quotidienne et saisonnière, ouvertures et protection des pièces en fonction des saisons et de l’ensoleillement, etc… 

  • Veiller à la qualité d’installation et à la coordination des corps de métiers pour garantir la cohérence et la performance recherchée.

 

Que l’on parle de neuf ou de rénovation la conception bioclimatique consiste donc à rechercher une adéquation entre :

  • l’enveloppe habitée,
  • l’environnement dans lequel s’implante l’habitat,
  • le mode et rythme de vie des occupants

de telle sorte que ces trois composantes se respectent mutuellement et durablement.

 

Dans le cas particulier de la rénovation, on s’attache d’abord à corriger les faiblesses du bâtiment existant en donnant la priorité à celles qui nuisent le plus fortement puis on apporte des améliorations qui visent la performance optimale :

  • suppression des pénétrations d’eau qui font vieillir les matériaux prématurément,
  • suppression des béances permanentes sources de surconsommation énergétique,
  • réduction des ponts thermiques,
  • remplacement ou renforcement des isolants, des revêtements et de la ventilation,
  • régulation du chauffage, de la ventilation, des ouvrants, des volets,
  • ajout d’éléments constructifs ou d’équipements améliorant la performance énergétique tels que serre bioclimatique, murs capteurs, masques d’été, panneaux solaires, etc…

 

Matériaux écologiques : santé, confort, performances et durabilité

Pour un confort optimal et un environnement parfaitement sain, l’utilisation de matériaux écologiques complète la conception bioclimatique de façon efficace et cohérente. 

Un matériau est considéré comme écologique dès lors que son impact sur l’environnement et sur la santé de l’homme n’est pas nocif.

Cela implique souvent que ses matières premières soient des éléments fabriquées par la nature (minéraux ou vivants) car, en général, leur production entretient la vie sur Terre et ils sont rarement source d’émission de substances toxiques. On pourra être attentif aux ressources non renouvelable consommées pour la fabrication.
La quantité d’énergie nécessaire à l’extraction/récolte, à la fabrication et au transport d’un matériau, est appelée « énergie grise ». En réduisant la quantité d’énergie grise associé à un matériau on limiter son impact polluant.

Un matériau écologique est inoffensif tout au long de son cycle de vie :

  • Fabrication à partir d’éléments naturels ne générant pas de déchet polluant, n’épuisant pas des ressources naturelles fragiles et non renouvelables et consommant peu d’énergie.
  • Transport réduit entre le lieu de fabrication et le lieu d’utilisation
  • Manipulation et installation non nocives pour la santé, ne nécessitant pas de consommation d’énergie importante et ne générant pas de déchet polluant
  • Les occupants ne doivent pas être soumis à des émanations toxiques issues des matériaux par contact, inhalation ou irradiation.
  • Recyclage possible des matériaux en fin de vie des bâtiments
  • Longue durée de vie et de performance des matériaux pour éviter les rénovations coûteuses et polluantes

Pour construire écologique on choisira donc des matériaux fabriqués localement selon un procédé contrôlé et respectueux de l’environnement comme par exemple les bois issus de forêts locales et certifiés par des labels tels que PEFC ou FSC.

En termes constructif un matériau écologique présente souvent des avantages que n’ont pas les matériaux conventionnels :

  • un matériau écologique laisse diffuser la vapeur d’eau au lieu de la condenser
  • un matériau écologique ne se dégrade pas au contact accidentel de l’humidité
  • un matériau écologique se déforme peu avec le temps (tassement très faible des isolants par exemple)
  • un matériau écologique est un bon isolant thermique et phonique
  • un matériau écologique est bon régulateur thermique été comme hiver (emmagasine la chaleur d’hiver et la fraîcheur d’été et les restitue lentement)

Toutes ces qualités confèrent aux matériaux écologiques une durée des performances constructives largement supérieures aux matériaux conventionnels et permet donc aux bâtiments ainsi construits de vivre plus longtemps sans dégradation et donc sans rénovation importante et sans augmentation progressive de consommation de chauffage et de climatisation.

 

Le gros œuvre

Qu’un bâtiment soit construit selon des procédés écologiques ou non, les règles de l’art de la construction demeurent identiques.

Toute construction repose sur des fondations, ancrages en béton ou constitués de pieux, qui reprennent tous les efforts auxquels est soumis le bâtiment.

La structure qui confère la solidité au bâtiment peut être soit maçonnée, par empilement d’éléments fixés entre eux (pierres, blocs en béton ou matériaux composites), soit constituée de poteaux et de poutres porteurs (en bois ou en métal), soit à ossature bois par assemblage de pans de bois formant murs, planchers et charpente.

 

structure maçonnée structure poteaux-poutres structure ossature-bois

 

Ainsi, la maçonnerie de matériaux lourds est capable d’amortir de fortes amplitudes thermiques, tout en assurant un confort thermique d’été et sans être sensible à de fortes variations hygrométriques.


A l’inverse, la construction en matériaux plus légers, à inertie relativement faible, est bien adaptée à des zones climatiques dont les amplitudes thermiques sont moins marquées et où l’hygrométrie est plus régulière.


La structure à ossature bois est une formule qui permet une adaptation climatique en jouant sur les matériaux de remplissage. Par exemple, un mélange chanvre-chaux pour le remplissage apporte un volant hygrométrique qui absorbe les phénomènes de gonflement-rétractions du bois qui seraient à craindre en climat à fortes amplitudes hygrométriques.

Quelle que soit la structure choisie, toutes les techniques de mise en œuvres associées répondent à des exigences mécaniques et règlementaires incontournables.

Un choix écologique pour les matériaux du gros œuvre est basé sur des critères environnementaux et sanitaires :

  • Une régulation thermique (isolation et inertie thermique adaptées au climat)

  • Une régulation hygrométrique

  • Une production peu énergivore

  • La proximité des lieux de production

  • Pas d’adjuvants nocifs

  • Des produits recyclables

 

Parmi les matériaux de structures écologiques les plus répandues on trouve :

  • La brique, le bois massif (rondins ou madriers), les blocs allégés à base d’argile ou de pierre ponce.
    Ces trois types de matériaux, aux excellentes qualités isolantes, peuvent être utilisés sans isolant additionnels à partir d’une certaine épaisseur. On parle alors de construction monomurs.
  • Les murs en pierres, excellent régulateurs thermiques, mais coûteux à la mise en œuvre et nécessitant souvent un isolant additionnel.
  • Les Maisons à Ossature Bois (MOB) qui, en plus de leur rapidité remarquable de montage, offrent une grande variété d’association avec les isolants de remplissage.
  • Les panneaux porteurs en bois permettant en outre des chantiers propres et rapides. Certains panneaux sont préfabriqués avec leurs isolants déjà intégrés.
  • Les poteaux-poutres en bois, permettant de grandes possibilités architecturales.

   

panneaux de bois rondins de bois poteaux-poutres

 

L’intégration et l’harmonie dans le paysage sont également des facteurs à considérer, ce que permettent les revêtements extérieurs qui donnent l’aspect visuel final du bâtiment et qui sont en général applicables quelque soit la nature de la structure.

Aujourd’hui, c’est l’association des différents matériaux (structure-isolant-revêtement) qui permet de garantir les performances mécaniques, isolantes, hygrométriques, hydriques et aérauliques du bâtiment.

 

Second œuvre et finitions

Le second œuvre de finition désigne tous les travaux qui ne sont pas du gros œuvre, par conséquent non intégrés à la structure porteuse et qui permettent la finition et l’aménagement en équipements de l’habitation.

Il touche donc de nombreux domaines parmi lesquels : l’isolation, les plâtreries, staff et stuc, les enduits et bardages de façades, la peinture, les plafonds, les cloisons non porteuses, les sols, les menuiseries de portes et fenêtres, mais aussi l’électricité, la plomberie, la décoration, la faïence, le désamiantage, les équipements de sécurité, de cuisine, de salles de bain, de fumisterie, de ventilation, de chauffage ou encore de climatisation.

Isolation

Une construction écologique et durable utilise nécessairement des isolants qui obéissent à des critères sanitaires et environnementaux que les isolants conventionnels ignorent souvent. Dans le cadre d’une construction écologique l’épaisseur de l’isolant est souvent choisie supérieure aux exigences règlementaires de façon à mieux conserver la chaleur d’hiver (ou la fraîcheur d’été) à l’intérieur après l’avoir captée de façon passive.
Parmi les isolants écologiques les plus répandus, dont les performances donnent toutes satisfactions, on trouve : le bois feutré, la cellulose, le liège, la laine de chanvre, la laine de mouton, le textile recyclé (développé par la fondation Emmaüs), la laine de lin. Des nouveaux matériaux mixtes commencent à se répandre : mouton/lin ; bois/chanvre/textile ; lin/chanvre ; coton/chanvre.

Revêtement

Les bardages en bois et les enduits à base de minéraux, de terre, de végétaux et de chaux sont les revêtements écologiques les plus courants. Ces revêtements, qu’ils soient prévus pour l’intérieur ou les façades, sont dépourvus de composés organiques volatiles (COV) toxiques, ils sont perméables à la vapeur d’eau et étanches aux vents et précipitations.
Les composés organiques volatiles les plus toxiques à éviter en forte concentration sont :
•  Le benzène, le formaldéhyde et le chlorure de vinyle monomère qui sont cancérogènes
•  Le tri et le tétra-chloréthylène, le perchloréthylène, le glycol, le terpène, le toluène, l’éthylène glycol, les éthers de glycol, le styrène.

Les revêtements en papier, tissus et moquettes font l’objet d’une double attention de façon à ce que non seulement leurs composants (fibres, encres, vernis, liants) et leurs colles ne produisent pas de substances toxiques similaires à celles déjà évoquées mais ils doivent en plus rester très secs pour éviter les développements microbiens, acariens et moisissures, qui se plaisent sur ces types de supports.
 

Peinture

Les peintures dont la phase (partie qui s’évapore au séchage) est de l’eau sont en général moins nocives car l’eau n’émet pas de COV, à l’opposé des peintures dont la phase est un solvant (composés organiques dont les plus connues sont les glycérophtaliques).

Les peintures et enduits de décoration les plus respectueux de la santé et de l’environnement ont des liants inoffensifs pour les personnes et pour l’environnement. donc celles qui sont à l’eau « sans solvant » et les peintures minérales. Les enduits de décoration suivent les mêmes règles que les peintures d’un point de vue écologique.

 

Liants et produits de traitement

Dans la démarche de construction écologique l’origine des liants et produits de traitement est un point aussi important que le respect des recommandations lors de l’utilisation. Les matériaux fabriqués localement et selon un procédé contrôlé et respectueux de l’environnement s’imposent.

 

Ainsi par exemple, on choisissant des bois issus des forêts locales et certifiées par des labels tels que PEFC ou FSC, on favorise et participe à la protection des espaces naturels verts.

 

Une fois choisis le matériau et la technique de construction, les éventuels liants et produits de traitement utilisés impactent l’aspect écologique du gros œuvre.


Les liants en maçonnerie :


Le liant des briques en terre cuite monomurs a l’avantage d’être appliqué en très faible quantité à l’aide d’une machine à rouler. Cela réduit considérablement la quantité totale utilisée de cette famille de produits non écologiques et permet un chantier incomparablement plus propre que dans la maçonnerie conventionnelle.

Les colles à bois :

Qu’elles imprègnent la structure de produits dérivés (panneaux de particules, fibres, copeaux, contreplaqués) ou qu’elles lient des éléments de bois massifs, les colles peuvent émettre des substances toxiques dont les plus courantes sont les formaldéhydes. Les panneaux encollés avec des résines phénoliques (phénol-formol PF, résorcine-phénol-formol RPF) émettent cependant peu de formaldéhydes.
Les nouveaux traitements enzymatiques du bois permettent de produire des panneaux sans colle tandis que d’autres nouveaux procédés sont en développement : substitution de PF par des dérivés de colza et utilisation de tanins naturels du bois.

Le traitement du bois :

Certaines essences, qui ont un cœur naturellement résistant et antiseptique, grâce à leurs pigments, tanins et résines, ne nécessitent pas de traitement. Les essences françaises qui ont cette qualité et qui sont également d’excellents matériaux de structure et d’huisserie ou de bardage extérieur, tout en étant disponible en quantité abondante sont : le chêne, le châtaigner, les pins, le mélèze et le douglas.


- Des précautions de coupe, de stockage, de conception et d’entretien des ouvrages évitent les invasions parasitaires et d’humidité et protègent ainsi les bâtiments de façon naturelle.


- Un renforcement de la protection naturelle de ces bois est de pousser leur séchage pour ramener l’humidité, normalement comprise entre 15 % et 22 % en construction, à des valeurs de 10 % à 12 %.


- L’oléothermie (imprégnation d’huile chaude en autoclave) est un traitement efficace, peu coûteux et écologiquement avantageux car il permet l’utilisation d’huiles de recyclage. Les bois ainsi traités résistent particulièrement bien aux expositions extérieures (bardage, terrasses) mais ils ne peuvent plus être utilisés en bois de structure.

- Le chauffage à haute température du bois, bien que plus coûteux et moins écologique pour ses dépenses énergétiques que l’oléothermie, fournit également un bois bien adapté à une exposition extérieure (non utilisable en structure).


- Les traitements chimiques sont tous plus ou moins nocifs pour la santé, à l’exception du Bore, pour ses propriétés ignifugeantes, insecticides et fongicides, et des triazoles fongicides.


- Les insecticides pyréthrines d’origine naturelle (issus du pyrèthre, plante proche du chrysanthème) ont l’avantage et l’inconvénient de se dégrader rapidement : ils ne polluent pas l’environnement mais le traitement non rémanent ne peut être que curatif. Leur caractère allergisant est cependant avéré. Leurs molécules analogues de synthèse, les pyréthrinoïdes (dont la perméthrine et la cyperméthrine) sont de plus en plus utilisées comme substituts beaucoup moins toxiques que les molécules traditionnelles connues pour leur nocivité. Elles sont néanmoins classées « cancérogènes possible » par les autorités sanitaires américaines.

D’autres nouveaux procédés sains tels que l’acétylation et le traitement ASAM (dérivé d’huile de colza) sont aujourd’hui en développement et prometteurs.

 

Equipements, énergies et chauffage

Le système de chauffage le plus écologique est assurément celui des bâtiments passifs qui profitent des bienfaits du soleil l’hiver et s’en protège l’été de façon à ne requérir aucun système de chauffage/climatisation, y compris dans les zones à climat froid l’hiver ou chaud l’été.

On peut ensuite songer aux équipements d’énergie renouvelable solaires, éoliennes et hydrauliques selon le terrain ainsi qu’aux autres systèmes de chauffage permettant de faire l’appoint.

Autonomie d’énergie avec les bâtiments passifs

Avant d’équiper un bâtiment d’un système de chauffage, il convient de chercher à capter un maximum de chaleur l’hiver (ou de fraîcheur l’été) et de la conserver à l’intérieur grâce à une bonne isolation du bâtiment telle que décrite précédemment.

Plusieurs techniques existent pour augmenter les apports thermiques naturels de l’extérieur et réduire ainsi les besoins en énergie du bâtiment :

  • Les apports solaires passifs : Les baies vitrées, les serres bioclimatiques et les murs capteurs sont des aménagements, qui peuvent être réalisés sur bâtiments neufs ou existants, et qui permettent de capter le rayonnement solaire par l’intermédiaire de parois vitrées. Le choix des matériaux, leur dimensionnement, leur orientation, leur protection et la régulation des échanges d’air sont les facteurs de performance de ces aménagements. Une régulation et une protection solaire de ces équipements sont impératives pour éviter les surchauffes de l’été, voire pour leur faire jouer un rôle de rafraîchissement.
  • Les apports géothermiques semi-passifs : Certains équipements utilisent la propriété qu’a le sol d’avoir une température très stable en profondeur tout au long de l’année : à 7 m de profondeur environ, la température du sol est égale à la température moyenne annuelle de l’air extérieur.
    Les équipements de géothermie consistent à réchauffer l’hiver un fluide, et/ou de le rafraîchir l’été, puis de rapporter ces calories (ou frigories) à l’intérieur du bâtiment. Ces apports ne sont pas totalement passifs puisqu’ils nécessitent au minimum une énergie de transport du fluide mais les dépenses énergétiques de transfert de ces calories sont très inférieures aux dépenses énergétiques de chauffage et de climatisation et réduisent de façon significative les besoins énergétiques du bâtiment ainsi équipé.
    Les puits canadiens, eux, captent les calories (et frigories) contenues dans le sol. Il s’agit d’un simple tuyau qui conduit l’air extérieur, en le faisant se réchauffer l’hiver et se refroidir l’été en traversant une distance suffisamment longue sous terre, et l’insuffle à l’intérieur du bâtiment par le biais d’un ventilateur. Leur Coefficients de Performance (COP : quantité d’énergie apportée par kWh consommé) sont de l’ordre de 20 à 30 (source : La conception bioclimatique de J.P. OLIVA ). Des précautions sont prises pour s’assurer de son fonctionnement à bon escient et de la qualité de l’air insufflé (élimination des filtrats et condensats). Cette technique est très avantageuse en région chaude comme substitut de climatisation et complément de ventilation estivale.

 

Les équipements d’énergie renouvelables

La majorité des bâtiments n’ayant pas atteint l’autonomie énergétique, il convient de sélectionner une des sources les plus saines et les plus écologiques possibles. Seront en priorité retenues les énergies renouvelables : solaires, éoliennes et hydrauliques quand le terrain s’y prête.

Ces ressources énergétiques naturelles ont les qualités suivantes :

  • Elles sont inépuisables à l’échelle humaine
  • Elles sont produites sur place et ne nécessitent donc pas de transport, source de pollution.
  • La matière première est gratuite
  • Elles ne produisent pas de déchets polluants (gaz, radioactivité) et ne déséquilibrent pas les écosystèmes.

- Les panneaux solaires thermiques captent la chaleur du soleil qui réchauffe un circuit hydraulique, lequel alimente le circuit d’eau chaude sanitaire et éventuellement celui d’un chauffage au sol, ce système n’exigeant que de basses températures.


- Les panneaux solaires voltaïques comportent, eux, des éléments composés de cristaux sensibles aux rayons lumineux qui produisent directement de l’électricité. Celle-ci doit être réinjectée dans le réseau de distribution, même si elle est aussitôt consommée par le bâtiment dont elle provient. L’intérêt de ces équipements est qu’il réduit l’impact du bâtiment sur l’environnement en injectant des énergies renouvelables dans le réseau public et ainsi en ne consommant pas des énergies non renouvelables apportées par les centrales de production.


- Les éoliennes et les centrales hydrauliques permettent également la production d’énergie électrique par transformation de l’énergie mécanique, captée par la poussée de pâles par le vent ou par l’eau en mouvement, en énergie électrique.

Tous ces équipements requièrent des autorisations d’implantation par les autorités locales et de vente de l’énergie produite au distributeur du réseau électrique, ce que les installateurs professionnels se chargent d’obtenir en général.

 

Ventilation

Depuis 1982, la ventilation générale et permanente est rendue obligatoire dans les locaux d’habitation pour en garantir le renouvellement en oxygène, l’évacuation des gaz toxiques qui s’accumulent, CO2 et radon entre autres, et pour éviter la prolifération microbienne.
Cette ventilation, si elle est nécessaire d’un point de vue sanitaire, peut être la source de déperdition énergétique importante. Or les équipements de ventilation sont relativement peu coûteux au regard des autres équipements permettant des économies d’énergie et par exemple la ventilation à double-flux est un outil simple qui permet de récupérer une quantité précieuse de calories portées par l’air vicié avant son évacuation vers l’extérieur, par le biais d’un échangeur.

 

Systèmes de chauffage

Lorsque les apports passifs et en énergies renouvelables ne sont pas suffisants, ce sont les sources d’énergies les moins consommatrices qui seront recherchées pour diminuer les effets négatifs sur la nature tels que l’émission de gaz à effet de serre, la génération de déchets radioactifs et les déséquilibres des écosystèmes produits par les barrages hydro-électriques.

On s’oriente alors vers les apports géothermiques et aérauliques par pompe à chaleur, les technologies solaire permettant le rafraichissement, les chaudières à bois ou encore les chaudières à granulés.


 

 

Références

Bibliographie

« La conception bioclimatique » Samuel COURGEY et Jean-Pierre OLIVA ed Terre Vivante

« L’isolation écologique » de Jean-Pierre Oliva ed Terre Vivante

« Guide Pratique de l’Eco-habitat » Ed Fraysse

« Le guide de l’habitat sain » de Suzanne et Pierre DEOUX ed Medieco

 

Documentation

Effinergie

ADEME - France

CSTB - Centre Scientifique et technique du batiment - France

DGEMP/OE/RL/CGM - France

 

 


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