Le gaz naturel est une ressource fossile constituée majoritairement de méthane (CH4) et en petite quantité d’hydrocarbures plus longs comme l’éthane (C2H6) et le propane (C3H8). Sa composition chimique dépend de la localisation du site d’exploitation. Des composés comme l’azote et les sulfides d’hydrogène peuvent être présent sous formes de traces.
Pour son utilisation en tant que ressource d’énergie, le gaz naturel peut être traité dans des sites spécialisés afin de le rendre liquide. Il est d’abord purifié des sulfides d’hydrogène, du dioxyde de carbone, molécules d’eau et autres composés avant d’être liquéfié en portant sa température à -162°C . Le gaz naturel liquéfié (GNL) occupe alors 1/600 de l’espace nécessaire sous sa forme gazeuse.
Le transport du GNL ainsi facilité par la réduction de volume par rapport à l’état gazeux est généralement maritime avec les méthaniers. Les transporteurs possèdent un double coffrage et des réservoirs adaptés aux températures basses qui doivent être conservées pour minimiser l’évaporation du gaz. Le gaz évaporé doit être omis pour éviter l’augmentation de la pression du réservoir. Pour cela les réservoirs disposent de ventiles et de système de compression. Le gaz évaporé peut être utilisé comme ressource d’énergie par son transporteur.
Le transport du GNL permet l’approvissionnement en gaz naturel des zones où le transport par gazoducs est impossible bien que moins cher. En 2006 le gaz naturel est transporté à hauteur de 71.8% via les gazoducs contre 28.2% par le moyen des tankers de gaz naturel liquéfié (GNL) (source : UNCTAG).
Le gaz naturel représente près du quart de la consommation énergétique mondiale soit environ 2 850 milliards de mètres cubes en 2006 pour des réserves estimées à 181.5 milliers de milliards de mètres cubes (source : BP). Les réserves prouvées de gaz naturel permettent leur exploitation pendant encore 60 ans jusqu’à l’horizon 2070 (source : EIA).
Les principaux consommateurs sont en 2006 les Etats-Unis avec 22% de la consommation totale et la Fédération de Russie avec 15.1%.
Au total 26,1% de la production mondiale commercialisée de gaz naturel correspond à des échanges internationaux en 2006 (source : BP).
Le gaz naturel liquéfié ne représente en 2002 que 6% de la consommation totale de gaz naturel (source : EIA).
Exportation du GNL
En 2006 les principaux pays exportateurs de gaz naturel sont la Russie avec 28.2% des exportations mondiales, le Canada (18.6%), la Norvège (15.6%), les Pays-Bas (9%) et l’Algérie (6.9%) .
D’après la Commission californienne de l’énergie en octobre 2007 on ne compte que 15 pays qui possèdent des installations de liquéfaction du gaz naturel (40 sites au total, source : Unicef). Ces pays sont les pays avec les plus grandes réserves du gaz naturel : l’Algérie, l’Australie, Bruneï, l’Egypte, les Emirats arabes unis, les Etats-Unis, la Guinée équatoriale, l’Indonésie, la Lybie, la Malaisie, le Mexique, le Nigéria, Oman, le Qatar et Trinidad et Tobago. D’après un rapport du Département d’énergie des Etats-Unis en 2003, les trois principaux exportateurs de GNL sont l Indonésie (23 t), l Algérie (19,6 t) et la Malaysie (15,6 t) (source : EIA).
Importation du GNL
En 2006, les principaux importateurs de gaz naturel par gazoduc sont l’Union européenne (53.9%) et les Etats-Unis (18.6%), les principaux importateurs de GNL (gaz naturel liquéfié) sont le Japon (38.8%), l’Union européenne (24.5%), la République de Corée (16.2%) et les Etats-Unis (7.8%) (source : CEC).
Les pays importateurs de GNL sont le Japon (depuis 1969), l’Espagne (1969), les Etats-Unis (depuis 1971), l’Italie (1971), la France (1972), la Corée du Sud (1986), la Belgique (1987) , Taiwan (1990) , la Turquie (1992), la Grèce (2000) , Porto Rico (2000) , le Portugal (2003) , la République de Dominique (2003) , l’Inde (2004), le Royaume Unis (2005) , le Mexique (2006) et la Chine (2006) (source : CEC).
En 2007, le GNL représente 31,5 % des approvisionnements long terme de Gaz de France qui est est le 1er importateur européen et le 3e dans le monde (source : Gaz de France). Le deux premiers importateurs sont le Japon et la Corée du Sud (source : EIA).
Aspects positifs
En général, la combustion de GNL est moins polluante que celle du petrole ou du gazole grâce à une concentration réduite des polluants. Le dégré de réduction néanmoins dépend moins de la composition chimique du gaz que du moteur et du concept d’utilisation.
Aspects négatifs
L’exploitation du gaz naturel liquéfié nécessite le déploiement d’infrastructures spécialisées (transporteurs méthaniers, terminaux de liquéfaction, gazoduc) qui ont un coût d’entretien et de mise en place. A cause de la problématique de manipulation, l’exploitation du gaz naturel sous forme gazeux compressé (GNC) reste majoritaire jusqu’à aujourd’hui.
Les risques de sécurite du transport du GNL sont liés à la diffusion et à l’inflammabilité. La vapeur qui se forme lors du versement du GNL, peut se mélanger avec de l’air. Quand la concentration du gaz de ce mélange est entre 5 et 15 %, il devient très inflammable. Cependant, le GNL n’est pas inflammable et non-explosif sous forme liquide.
Bien qu’il soit le plus propre des combustibles fossiles, le gaz naturel émet lors de sa combustion du gaz à effet de serre (CO2) et de l’oxyde d’azote.
Le gaz naturel est une ressource épuisable et les réserves prouvés permettent son exploitation jusqu’à l’horizon 2070 c’est à dire pendant encore une soixantaine d’années.
Axes de réflexion
Concernant la garantie d’approvissionnement du gaz naturel, l’importation du GNL est devenu un objet de discussion pour diversifier les sources d’approvissionnement et éviter les dépendances exclusives.
La baisse du coût de production du GNL (liquéfaction, transport, regazéification) et la flambé des prix du pétrole vont ils promouvoir l’exploitation de cette forme d’énergie ?
Après l’épuisement des ressources en gaz naturel sur quelle source d’énergie faudra t’il investir ? Les infrastructures existantes seront elles réutilisables pour l’exploitation d’autres formes d’énergie ? A quel coût ? Cherche t’on de nouveaux gisements ?
Perspectives
Il n’y a pas de doute que l’exploitation du gaz naturel accompagnera au moins pour un temps le développement des énergies renouvelables et des énergies propres.
Références
BP Statistical Review of World
UNCTAG - Information de marché dans le secteur des produits de base
EdF- Electricité de France - France
CEC- California energy commission - Etats-Unis
Energy Information Administration (EIA) - Etats-Unis
Rapport d EIA sur le marché global du GNL (anglais)
Autre
Institut supérieur d’économie maritime - Nantes, Saint-Nazaire - France
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