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Le commerce équitable
Historique, concept, objectifs et avenir
jeudi 3 juillet 2008
par Bialis Team
« Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille, une existence conforme à la dignité humaine. » - Article 23 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

Selon la définition d’organismes du commerce équitable (CE) français, européens et internationaux qui s’étaient regroupés en réseau informel FINE, pour échanger des informations et coordonner leurs activités :

  • Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial.
  • Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, principalement au Sud de la planète.
  • Les organismes du commerce équitable, soutenus par les consommateurs, s’engagent à soutenir les producteurs, à sensibiliser l’opinion et à mener campagne pour changer les règles et pratiques du commerce international.

 

Quelques dates clé du commerce équitable :

1860  : Max Havelaar a un retentissement énorme aux Pays-Bas. Il déclenche un mouvement d’opinion progressiste qui mènera à la promotion d’une "politique éthique" aux Indes néerlandaises, soucieuse d’améliorer le sort des indigènes. Cela aboutie à la publication du livre « Max Havelaar », écrit par Eduard Douwnes Dekker.

Fin des années 1940 : Ten Thousands Villages aux Etats-Unis et SERRV (Sales Exchange for Refugee Rehabilitation and Vocation) en Europe commencent à faire du commerce avec les communautés pauvres des pays de sud.

Fin des années 1950 : OXFAM UK commercialise dans ses magasins britanniques de l’artisanat fabriqué par des réfugiés chinois.

1957  : De jeunes catholiques (KVP) créent, aux Pays-Bas, une association visant à importer des produits du tiers-monde. Ils créent SOS (Groupe d’économie social et solidaire) en 1959.

1964  : Les pays du Sud insistent sur la nécessité d’échanges justes à la 2ème conférence de la CNUCED (Conférence des Nations unis sur le commerce et le développment) (« Trade not Aid »).
OXFAM UK crée la 1re Organisation de Commerce Alternatif (Alternative Trade Organisation - ATO).

1967  : Création de la 1re Fair Trade Organisation (FTO) aux Pays-Bas, ouverture des premiers Magasins du monde, World Shop

1971  : Création de la 1re coopérative de CE au Bangladesh (Jute Works)

1973  : Vente du 1er café équitable dans les magasins de CE aux Pays-Bas

1974  : Ouverture du 1er magasin de CE français : Artisans du Monde

1975  : Fondation d’OXFAM Belgique et des Magasins du Monde OXFAM en Belgique

1983  : Création d’Artisanat Sel

1984  : Création de Solidar’ Monde à l’initiative de la Fédération Artisans du Monde

1987  : Création de la coopérative Andines

1988  : Le label Fair Trade sous le nom de Max Havelaar est attribué pour la première fois à un café.

1989  : Création de la Fédération Internationale du Commerce Alternatif (IFAT)

1990  : Création de l’European Fair Trade association (EFTA) et création de Max Havelaar Belgique

1992  : Création de Max Havelaar France, Max Havelaar Suisse et Max Havelaar Danemark

1993  : Création de l’organisme de labellisation Transfair en Allemagne

1994  : Introduction du thé équitable, après le café et le cacao, création du réseau Européen des Magasins du Monde (NEWS)

1996  : Introduction de la banane équitable aux Pays-Bas

1997  : Les organismes labellisateurs (Max Havelaar, Transfair, Rättvisemarkt, Fairtrade…) s’unissent au sein de l’International Fair Trade Labeling Organisation (FLO).

1998  : Les organisations du CE internationales (FLO, IFAT, NEWS et EFTA) se réunissent au sein de FINE ; création, en France, de la plate-forme française de CE ; 1er café équitable de marque Monoprix

1999  : Création d’Alter Eco

2002  : En France, Carrefour développe un café équitable à sa marque. Création de l’Association et du label Bio Equitable en France

2003  : Création de l’entreprise coopérative Ethiquable

2004  : Des produits de CE sont présents dans les cantines de certaines écoles de France.

En 2006, dans le monde, les ventes de produits certifiés équitables étaient estimées à plus que 1 609 milliards d’euros, une augmentation de 41% par rapport à l’année précédente. On estime que près de 1,5 millions de producteurs et travailleurs défavorisés bénéficient directement du commerce équitable (source : PFCE).

 

Le concept de commerce équitable du 21ième siècle découle de la convergence de trois associations :

- Un courant humaniste religieux, fortement développé dans les pays à culture protestante comme l’Allemagne, la Grande Bretagne, les Pays-Bas ou la Suisse, et catholique en France et aux Pays-Bas, posera les bases et la philosophie du commerce équitable, la lutte contre la pauvreté et l’exploitation à la lumière de valeurs chrétiennes.

- Un courant Tiers Mondiste de militants engagés politiquement initié par les ONG, les syndicats ou les partis politiques, revendique ce type de commerce comme une alternative au commerce traditionnel et s’oriente dans la lutte contre l’échange inégal et l’exploitation de prolétariat.

- Un courant de Développement durable, qui s’installe de plus en plus comme une des valeurs fondamentales du commerce équitable grâce à une démarche respectueuse de la biodiversité et de l’environnement, présente tant au niveau social, qu’économique ou environnemental.

 

Les grands objectifs du commerce équitable :

  • Assurer une juste rémunération du travail des producteurs et artisans, leur permettant de satisfaire leurs besoins en terme de santé, d’éducation, de logement et de protection sociale.
  • Garantir le respect des droits fondamentaux des personnes et des conditions de travail décentes (par exemple : refus de l’exploitation des enfants, du travail forcé, de l’esclavage)
  • Instaurer des relations durables entre partenaires économiques, permettant aux producteurs de développer eux même une activité rentable et pérenne en leur offrant des débouchés commerciaux solides et viables
  • Favoriser la préservation de l’environnement grâce à des méthodes de production respectueuses de la nature - Les produits équitables sont le plus souvent issus de l’agriculture biologique.
  • Proposer des produits de qualité aux consommateurs et les informer que par cette consommation ils deviennent acteurs d’une alternative économique mondiale favorisant le développement durable, l’éthique, le respect des travailleurs, de l’environnement et le dialogue Nord Sud.

 

Aspects positifs

Cette magnifique pépite que constitue le commerce équitable, façonnée depuis 80 années par une foule de personnes de toutes les nationalités est un modèle de partenariat commercial fondé sur le respect, la transparence et la solidarité qui permet à des millions de producteurs et leurs familles de vivre dignement de leur travail.

 

Aspects négatifs

Le développement commercial actuel à une plus grande échelle et l’intérêt croissant pour un rééquilibrage économique et environnemental par les filières de commerce équitable peuvent induire une récupération à des fins marketing. L’idée première du versement d’un prix juste, des projets sociaux associés et du rôle de levier pour l’économie du commerce équitable se retrouve diluée.

 

Contraintes

- La multiplication des implantations des grandes surfaces s’oppose à l’extension de petites unités de distributions proches des principes du commerce équitable.
"Dans leur course aux profits immédiats, les supermarchés fragilisent le commerce de proximité, les fournisseurs, les salariés ainsi que les savoir-faire et la qualité des produits. Et il ne semble pas que le mouvement s’inverse" (source : Minga).

La situation économique internationale pèse sur les acteurs engagés pour le commerce équitable. Avec l’envolée du prix du pétrole, le coût des transports et de certaines matières premières augmentent, ce qui met en péril l’équilibre des petites structures.

De même, la hausse du prix des matières premières pose le problème de certaines filières équitables qui ont optés pour un prix fixe garanti à l’achat aux producteurs.

 

Perspectives

Le commerce équitable appliqué d’un bout à l’autre des filières, pourrait être un axe de réflexion, une occasion pour redéfinir des bases saines pour l’économie, redistribuer les ressources alimentaires et contribuer à la préservation de l’environnement.

 

Références

Artisans du Monde, 30 ans de commerce équitable, dossier de présentation en Octobre 2004

Rapport sur le commerce équitable, Antoine Herth, Mai 2005

Artisanat Sel, 25 ans de commerce équitable Mai 2008

Minga, Printemps pour un commerce équitable, Avril 2008

PFCE - Plate-Forme pour le Commerce Equitable, 01 Juillet 2008

 


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